Entre Les Lignes

Les effets pervers du principe de précaution

La catastrophe de l'Airbus en France montre qu'en tout, le mieux est l'ennemi du bien

Jean Rebuffat

Il s'est déjà passé que des pirates de l'air prennent le contrôle des cockpits et expédient des avions dans des objectifs meurtriers comme le 11 septembre.

Simple : on va fermer la porte correctement, ça n'arrivera plus. Il s'est dĂ©jĂ  passĂ© que des pilotes dĂ©pressifs balancent leur avion dans le dĂ©cor. Ah, si l'on avait pu ouvrir la porte... L'avion de Germanwings ne se serait pas Ă©crasĂ© dans les Alpes.
La parade Ă©tait pourtant simple : ne jamais laisser une personne seule aux commandes. C'est l'horreur absolue, en quelque sorte, la volontĂ© d'autodestruction d'un pilote qui pendant plus de huit minutes laisse l'avion aller jusqu'Ă  la catastrophe hĂ©bĂ©tĂ© par son geste, silencieux, impassible face aux appels du commandant qui, lui, avait tout de suite compris...

On l'imagine au retour vers le poste de pilotage, la vessie allĂ©gĂ©e. Tiens, Andreas ne rĂ©pond pas... Vite, la procĂ©dure d'urgence !... DĂ©chirĂ© sans doute lui-mĂŞme entre la nĂ©cessitĂ© de l'apparence du calme (ne pas affoler les passagers, cela va s'arranger, c'est impossible autrement) et celle de l'action (il faut que j'entre lĂ  dedans!), le capitaine a sans doute espĂ©rĂ© longtemps que ce cauchemar allait finir. Jusqu'aux hurlements de terreur des passagers quand ils ont vu, quelques instants avant leur mort, la montagne sur laquelle ils allaient s'Ă©craser comme des mouches sur un pare-brise...

Une classe d'ados. Des gens qui avaient passé quelques jours de vacances. Des mères avec des bébés. Un petit monde rayé par la volonté d'un seul être dont on apprend qu'il n'allait pas bien, merci...

Les catastrophes aériennes Capture d'écran

Capture d'Ă©cran

Comment ne pas voir qu'en voulant Ă©viter d'improbables catastrophes, on en permettait d'autres ? La psychose sĂ©curitaire est telle que personne ne s'aperçoit de l'inefficacitĂ© des mesures prises. Charlie Ă©tait protĂ©gĂ©, non ?

Me revient en mémoire cette phrase incidente dans les mémoires de Spandau d'Albert Speer, l'architecte d'Hitler devenu ministre de l'armement pendant la guerre. Il souligne qu'en éparpillant de manière inutile des défenses antiaériennes, ce qui demanda des moyens considérables, l'Allemagne nazie s'est privée d'une plus grande efficience dans la riposte... Rassurer les gens n'est décidément pas les protéger, quel que soit le régime.

 

AddThis Social Bookmark Button
 

Infolettre

A lire

Nous parrainons

Pour.Press

Sondage

Photos, au hasard ...

Menu général

Contenu

Je bouge, alors suivez-moi : EntreLignes
Twitter
You are here:

Pour toute information :


Logo Entre les Lignes

QRCode-ELL-Pt