Entre Les Lignes

L'Art du portrait : Seydou KeĂŻta

Exposition

Lucie Van de Walle

Les débuts, c’était à Bamako, en 1948. Seydou Keïta qui allait devenir une icône de la photographie africaine, ouvrait son studio dans la cour de sa maison, donc à ciel ouvert, en face de la gare. Tout le monde y accourt pour avoir son portrait contre quelques centaines de francs CFA.

Pour la première fois, un photographe noir photographiait des noirs avec pour seul but de réaliser des portraits souvenirs. Démarche notoirement en opposition avec les photographes coloniaux aux clichés ethniques.

Portrait sans titre Photo © Seydou Keïta

Portrait sans titre Photo © Seydou Keïta

Le succès du photographe Seydou Keïta (1921-2001) tient peut-être en ce qu’il mettait ses sujets en valeur. En aidant les modèles à trouver une pose avantageuse, en mettant à leur disposition des objets symboles de modernité, comme une radio, un scooter, une montre ou des vêtements “chics”. Toutefois, un film que l’on peut voir dans l’exposition rétrospective qui lui est consacrée, indique que Seydou Keïta pouvait être assez “directif”, orientant le regard, soignant l’emplacement des mains, arrangeant les plis d’une robe, etc. Le tout était exécuté en une seule prise de vue. En lumière naturelle, il va de soi.

Ainsi, pour la première fois, Le Grand Palais à Paris dédie ses salles à un même artiste africain. Il s’agit de 200 photographies. Une partie sont des tirages argentiques modernes, agrandissements supervisés par Seydou Keïta. L’autre partie sont des tirages “vintages” allant de la période 1948 à 1962. Comme Seydou Keïta ne conservait pas ses “cartes”, ces tirages anciens furent pour la plupart récupérés chez un encadreur où ils furent oubliés ou abandonnés par les clients, clients dont Seydou Keïta ne connaissait pas l’identité. Raison pour laquelle ses portraits n’ont pas de titre.

Portrait sans titre Photo © Seydou Keïta
Portrait sans titre Photo © Seydou Keïta

Pour le reste, quelque 10.000 négatifs furent retrouvés dans une cantine en fer. Ce qui fit la joie de Jean Pigozzi qui était à l’époque un des seuls à collectionner des oeuvres des artistes d’Afrique. Un sauvetage qui offre une belle occasion et un réel plaisir d’enfin découvrir en Europe cet artiste malien. Seydou Keïta ne faisait pas seulement de belles images, mais, depuis les petits mètres carrés de sa cour studio, il réussissait des portraits magistraux, témoins de la mutation d’un pays alors aux portes de l’indépendance.


Information : Seydou Keïta, jusqu’au 11 juillet 2016, Grand Palais, avenue Winston Churchill, 75005 Paris.  et  www.grandpalais.fr

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